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All The Light We Cannot See: un roman addictif et crève-cœur

Le roman historique All The Light We Cannot See d'Anthony Doerr est à lire absolument!




  • Auteur: Anthony Doerr
  • Genre: Drame historique
  • Qualité de l’écriture: 5/5
  • Originalité: 5/5
  • Appréciation générale: 5/5

 

Il y a un running gag entre mon copain et moi entourant le roman All The Light We Cannot See (Toute la lumière que nous ne pouvons voir en français) d’Anthony Doerr. Durant environ un an, chaque fois qu’on se rendait à la librairie et que je passais devant ce livre, je m’arrêtais, le prenais, lisais la quatrième de couverture et hésitait à l’acheter, pour finalement toujours me dire «Haaa, peut-être la prochaine fois». Il faut savoir qu’en un an, nos visites à la librairie sont extrêmement nombreuses, donc mon copain commençait à être un peu découragé que je recommence mon manège chaque fois.

Pourquoi je ne le prenais jamais? Pourtant, ce livre a gagné le Goodreads Choice l’année de sa sortie, en 2014, puis de nombreux prix par la suite, dont le Pulitzer. Il a aussi été en compétition sur Goodreads pour remporter le titre du Best of the Best, arrivant finalement en deuxième position, tout juste derrière The Hate U Give (The Hate U Give: La Haine qu’on donne en français)! Mais malgré tout ça, et malgré le résumé qui me semblait intéressant, je n’avais jamais vraiment envie de m’y plonger. Après tout, un roman qui se déroule durant la Deuxième Guerre mondiale, on sait à l’avance que ce ne sera pas joyeux et je n’avais pas envie de me plonger dans une histoire lourde et triste.

Donc, comme je n’achetais jamais All The Light We Cannot See à la librairie, mon copain a décidé de le faire à ma place et de me l’offrir pour Noël. Il a réglé le problème! Généralement, lorsque je reçois des livres en cadeau, je les lis assez rapidement, par principe. C’est ainsi que j’ai débuté 2019 avec ma lecture de ce roman d’Anthony Doerr, même si, encore une fois, je n’étais pas certaine d’avoir envie de me lancer dans une telle histoire. Je dois avouer que depuis que j’ai finalement lu ce livre, j’ai remercié mon copain de me l’avoir acheté, me «forçant» ainsi à lire ce roman incroyable dans lequel j’aurais pu me plonger bien avant si j’avais pris la peine de me le procurer; d’ailleurs, je regrette énormément ne pas m’être décidée à le lire plus tôt tellement c’était bon!

 

Un retour poignant dans l’Europe des années 40

Le roman commence en 1934. Marie-Laure, une jeune Française de 6 ans, devient aveugle suite à des cataractes. Son père, serrurier du Muséum national d’histoire naturelle, fait tout ce qui est en son pouvoir pour la rendre autonome, lui offrant le roman Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne en braille et lui construisant un modèle réduit de son quartier afin qu’elle apprenne à s’y repérer. Accompagnant son père au travail tous les jours, Marie-Laure participe une fois à une visite guidée pour enfants, apprenant ainsi l’existence du Sea of Flame, un diamant qui, selon la légende, a le pouvoir de garder en vie quiconque le possède, mais aussi de porter malheur à l’entourage de cette personne. En parallèle, on suit Werner, un jeune allemand orphelin de 8 ans, qui vit avec sa soeur Jutta à l’orphelinat de Zollverein, et qui se découvre une passion et un talent pour les radios et la mécanique, arrivant à en réparer une avec laquelle il écoute des programmes scientifiques avec sa soeur.

Lorsqu’arrive 1940, Paris est envahie par les Allemands. Marie-Laure et son père s’enfuient donc à Saint-Malo pour habiter avec Étienne, l’oncle de son père, qui souffre d’une importante phobie sociale depuis qu’il a participé à la guerre plusieurs années plus tôt. Toutefois, Marie-Laure sera séparée de son père et Étienne et elle se verront embarqués dans la Résistance. De son côté, Werner embrasse son rêve de devenir ingénieur en allant étudier à l’école d’élite hitlérienne, mais malgré sa grande compétence, il est rapidement envoyé au front Est, où il est chargé de repérer les rebelles russes et ukrainiens diffusant des informations par radio.

En 1944, Werner est envoyé en France avec son unité afin de localiser et éliminer un résistant introuvable qui transmet depuis la Bretagne les positions allemandes aux Alliés. Suite au bombardement Allié qui a détruit 80% de la ville de Saint-Malo, les destins de Marie-Laure et de Werner viendront brièvement à se croiser.




All The Light We Cannot See, c’est donc l’histoire poignante d’une jeune fille qui tente tant bien que mal de survivre à la guerre, mais aussi celle d’un garçon qui y participe un peu à reculons, réalisant l’ampleur de la situation et toutes les morts causées par son armée, par lui. Même si Werner fait partie des méchants, on ne peut s’empêcher de s’attacher à lui autant qu’à Marie-Laure; après tout, les deux adolescents sont des victimes à leur façon. Ce roman d’Anthony Doerr nous fait passer à travers diverses émotions, de la joie à la tristesse en passant par la colère et la stupéfaction, et garde notre attention du début à la fin. Moi qui ai commencé ma lecture un peu à reculons, je n’ai pas eu besoin de beaucoup de pages pour devenir complètement accro.

 

Un roman accrocheur et rythmé

Avec All The Light We Cannot See, Anthony Doerr offre au lecteur absolument tout ce qu’il désire: une histoire accrocheuse et enivrante, un rythme de lecture parfait et des personnages attachants. L’un des points forts du livre est certainement le fait qu’aucun chapitre ne dure plus qu’environ 4 pages. Chaque chapitre est donc très rapide à lire et comme ils alternent tous entre l’histoire de Marie-Laure et de Werner, ça donne encore plus de rythme à l’histoire, surtout qu’ils se terminent quand même souvent sur un suspense dont on ne demande qu’à connaître le dénouement. Le mauvais côté, par contre, c’est qu’il est beaucoup trop facile de se dire «Ok, je vais juste lire un chapitre de plus» et on se retrouve cerné le lendemain matin au travail parce qu’on n’a pas pu s’arrêter avant une bonne dizaine de chapitres de plus…

En outre, comme l’histoire n’est pas chronologique, on passe de 1934 à 1944 pour revenir en 1940, puis d’août 1944 à janvier 1941 pour mieux revenir au mois d’août 1944 et ainsi de suite, ce qui fait en sorte qu’on a une idée, à l’avance, d’où l’histoire va nous mener, nous rendant on ne peut plus impatients de savoir comment elle s’y rendra.

 

Sincèrement, je manque de mots pour décrire All The Light We Cannot See d’Anthony Doerr. J’ai commencé ce roman sans vraiment avoir d’attentes, plus par principe puisque je l’ai reçu en cadeau que par réelle envie – il aurait très bien pu rester dans ma bibliothèque pendant deux ans avant que je me décide enfin à le lire – et je me suis surprise à embarquer à fond dans l’histoire, plus que jamais. Lorsque je suis arrivée aux trente dernières pages, environ, j’ai même eu un immense dilemme; je revenais du gym et j’arrivais au métro pour revenir chez moi. Généralement, à ce moment-là, je garde mes écouteurs et j’écoute de la musique jusqu’à la maison, je ne ressors pas mon livre pour ce court transport, mais là, l’envie était trop grande de le continuer. En même temps, je me disais que c’était peut-être mieux d’attendre d’être revenue chez moi pour le terminer, question d’être tranquille et de ne pas me faire interrompre dans ma lecture. Finalement, j’ai été incapable d’attendre et je l’ai continué en chemin, chose que je regrette un peu. D’abord, parce que j’ai failli me mettre à pleurer dans le bus (je me suis retenue fort!), puis parce qu’en effet, j’aurais préféré être réellement dans le calme et la tranquillité pour terminer cette magnifique histoire. Certes, j’ai lu les 19 dernières pages chez moi, mais n’empêche; ça a un peu brisé mon élan.

Inutile de vous dire que je vous suggère très fortement la lecture de ce roman d’Anthony Doerr. All The Light We Cannot See est absolument génial et il n’a pas connu tout ce succès pour rien. Il le mérite amplement.




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