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Rabaskabarnak: une dystopie féministe qui dépoussière le folklore

Roman Rabaskabarnak




  • Auteur: Éric St-Pierre
  • Éditeur: Éditions Québec Amérique
  • Genre: Québécois, Science-fiction
  • Qualité de l’écriture: 4/5
  • Originalité: 4/5
  • Appréciation générale: 3/5

 

Pour être totalement franche, je n’étais pas vraiment intéressée par le roman Rabaskabarnak d’Éric St-Pierre au départ. Bien que la couverture soit belle et intrigante, le résumé ne m’avait pas attiré. Toutefois, suite à une petite erreur dans les envois postaux de Québec Amérique, j’ai tout de même retrouvé le livre dans ma boîte aux lettres récemment. Rendue là, je me suis dit que tant qu’à l’avoir, j’allais le lire. T’sais. Comment ignorer un livre qui se retrouve en ma possession? Finalement, je peux dire que je suis bien heureuse de cette petite bourde qui m’a permis de recevoir et de lire ce roman!

 

La fin de la civilisation telle qu’on la connaît

Dans Rabaskabarnak, on se retrouve trois siècles dans le futur, après qu’une apocalypse ait détruit la civilisation telle qu’on la connaît. Pour une raison qu’on ignore, les hommes sont tous devenus stériles, mettant un terme à la reproduction de la race humaine. De fil en aiguille, les hommes et les femmes se sont séparés, formant des sœuries et des fratries entre lesquelles ils vivent dans la haine et la guerre. Toutefois, malgré la nouvelle réalité, une nouvelle enfant, Ève, naît dans le camp des femmes et arrive à survivre jusqu’à atteindre bientôt l’âge adulte. Étant la seule nouvelle enfant, Ève ne connaît pas le passé et ne peut pas comprendre tout ce que ses aînées ont dû endurer. Ses idées différentes viendront bousculer le monde tel qu’il est devenu, surtout lorsqu’elle ramènera dans la sœurie un jeune homme inconscient qui semble avoir le même âge qu’elle…




Comme l’indique le résumé du livre, Rabaskabarnak est «un récit d’aventures turbotrash féministe qui dépoussière notre folklore et le revire cul par-dessus tête pour l’ancrer dans une réjouissante modernité littéraire». Je n’aurais pas pu trouver de meilleurs mots que ceux-là pour le décrire. On retrouve dans le roman des personnages féminins très forts qui savent prendre leur vie en main et la mener comme elles l’entendent. Il s’agit d’une dystopie bien imaginée qui arrive à reprendre des morceaux du folklore québécois pour leur donner un nouveau souffle et les intégrer dans ce monde post-apocalyptique hors du commun très bien pensé.

 

Une écriture moderne et crue

Rabaskabarnak est le deuxième roman d’Éric St-Pierre. Je n’ai pas lu son premier, Comment écrire Comment écrire un best-seller, paru en 2017, alors il s’agissait de ma première incursion dans l’univers de cet auteur. Entre sacres et langage vernaculaire, je suis d’abord restée surprise par le type d’écriture utilisée dans ce livre, mais après un moment, je me suis habituée. Je crois qu’on comprend rapidement que cette œuvre est un peu un ovni dans l’univers littéraire québécois, autant par son style que par l’histoire racontée en elle-même. Malgré tout, on ne peut que se laisser embarquer dans l’aventure et apprécier le produit final.

Si tu es amateur.e du folklore québécois et que tu le connais bien, tu seras certainement charmé.e de retrouver des personnages connus tels que Marie-Josephte Corriveau, Tom Caribou, Jos Violon (devenu Jos La Viole dans le roman), ainsi que des mentions à la Chasse-Galerie. J’avoue que mes connaissances en la matière sont assez limitées (j’ai dû faire quelques recherches juste pour réaliser que ces personnages étaient des emprunts au folklore, ça te donne une idée), alors il est évident que je n’ai pu apprécier complètement le roman à ce niveau. Heureusement, ces connaissances ne sont pas nécessaires pour qu’on soit diverti par l’histoire qui nous est racontée.

 

Rabaskabarnak d’Éric St-Pierre est un roman vraiment intéressant et divertissant parfait pour ceux et celles qui aiment les dystopies, les histoires différentes, originales et bien pensées, et surtout pour les fans de notre folklore québécois!




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