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Le Dernier qui sort éteint la lumière: une autre réussite signée Simon Boulerice




  • Auteur: Simon Boulerice
  • Genre: Littérature jeunesse
  • Qualité de l’écriture: 5/5
  • Originalité: 5/5
  • Appréciation générale: 5/5

 

Lorsque je vous ai parlé de L’Enfant mascara, c’était ma première incursion dans l’oeuvre de Simon Boulerice. J’avais déjà lu sa BD Mon coeur pédale, mais c’était la première fois que je m’attaquais à un de ses romans et j’avais beaucoup aimé. S’il y a bien un auteur québécois qui est capable de nous plonger dans l’univers des homosexuels de manière douce, réaliste et même amusante, c’est bien lui. Avec Le Dernier qui sort éteint la lumière, Simon nous offre une histoire belle et originale qui ne manque pas de nous faire rire tout en nous plaçant devant une réalité trop incomprise.

 

Une belle histoire originale et réaliste

Dans Le Dernier qui sort éteint la lumière, on suit les jumeaux Arnold et Alia, qui vivent au sein d’une magnifique famille unie composée de deux papas. Arnold et Alia ont été portés par leur Marraine Sandrine et à l’aube de leur treizième anniversaire, leurs pères décident de leur écrire une lettre par jour pour leur raconter leur rencontre et, ultimement, pour leur révéler qui de leur Poupa Édouard ou de leur Papou Julien est leur père biologique. On suit donc les deux adolescents dans leur quête de la vérité, mais aussi dans leur quotidien, alors qu’Alia est très à l’aise d’avoir deux pères, mais qu’il s’agit d’une réalité plus difficile à assumer en public pour Arnold.

Encore une fois, Simon Boulerice nous offre une histoire belle, originale, intelligente et simple – « simple » au sens de très accessible et non dans un sens péjoratif, bien sûr. Un couple homosexuel qui a des enfants est plutôt fréquent, de nos jours, et, évidemment, des tabous subsistent sur le sujet, mais il s’agit aussi d’une réalité simplement un peu inconnue, c’est pourquoi il est très intéressant d’être témoin d’une telle situation, surtout du point de vue des enfants. Les difficultés qu’une famille dite « non conventionnelle » peut rencontrer sont aussi très bien dépeintes dans ce roman. Il y a d’ailleurs un extrait qui ressort partout lorsqu’on parle de Le Dernier qui sort éteint la lumière et c’est un parfait exemple de ces difficultés:




«— Une passe familiale, SVP !
— On fait juste des passes pour les familles.
— Oui, c’est ce que nous sommes, justement, souligne Édouard, en souriant.
— Ben non, monsieur: vous êtes accompagné d’un homme et de deux enfants.
— Oui, et…? C’est quoi une famille pour vous ?
Sa voix perd de son enthousiasme. La peroxydée tout croche révèle son préjugé gros comme le bras.
— Ben… Une vraie famille, là. Genre: un monsieur, une madame et deux enfants…
Papou et Poupa sont tous les deux sans mots devant la violence de ces mots. Je le suis aussi. Seule Alia crache son désaccord au visage de la guichetière.
— Pardon ? Ce sont nos deux vrais papas, et on est leurs deux vrais enfants. J’ai peut-être pas encore 13 ans, mais il me semble que ça prend pas la tête à Papineau pour voir qu’on est une vraie de vraie famille, madame la fausse blonde !»

 

Simon Boulerice, un auteur nécessaire et rafraîchissant

Sincèrement, je ne crois pas qu’on puisse lire un roman de Simon Boulerice et être déçu d’une quelconque manière. Dans Le Dernier qui sort éteint la lumière, tout comme dans L’Enfant mascara, Simon prouve qu’il a une plume magnifique et qu’il sait merveilleusement bien raconter des histoires sur des thèmes que peu d’auteurs abordent.

De plus, Simon nous propose toujours des personnages attachants; dans le cas de Le Dernier qui sort éteint la lumière, les enfants sont adorables, intelligents et touchants et les parents sont parfaitement drôles dans leur opposition de caractère. De plus, l’histoire de leur couple qu’ils racontent dans les lettres offertes à Arnold et Alia est magnifique, réaliste et très touchante.

 

Encore une fois, je ne peux que fortement vous conseiller ce roman de Simon Boulerice, qui saura assurément vous charmer avec son histoire originale et réaliste qui est magnifiquement racontée.




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